La promesse du parrain et de la marraine pendant le baptême

Sommaire
- 1.Le rôle de la promesse dans la cérémonie
- 2.Le texte officiel de la renonciation (Église catholique en France)
- 3.Le texte officiel de la profession de foi
- 4.Signification spirituelle de la promesse
- 5.Comment se déroule concrètement la promesse pendant la cérémonie
- 6.Pour un baptême civil : la promesse devant le maire
- 7.Conseils pratiques pour bien prononcer la promesse
- 8.Pour aller plus loin
1. Le rôle de la promesse dans la cérémonie
La promesse du parrain et de la marraine est l'un des moments forts de la cérémonie de baptême. Elle intervient juste avant le baptême proprement dit, après la liturgie de la Parole et avant la liturgie du sacrement. C'est le moment où les adultes (parents, parrains, marraines) s'engagent publiquement, au nom de l'enfant qui ne peut pas encore parler, à rejeter le mal et à vivre dans la foi chrétienne.
Cette promesse a deux dimensions complémentaires :
- Une dimension négative : la renonciation au mal
- Une dimension positive : la profession de foi
Ces deux dimensions sont indissociables. On ne peut pas s'engager dans la foi sans rejeter parallèlement ce qui s'y oppose, et inversement.
2. Le texte officiel de la renonciation (Église catholique en France)
Le rituel officiel approuvé par la Conférence des évêques de France propose la triple renonciation suivante :
Célébrant : « Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ?»
Parents, parrains, marraines : « Je le rejette. »
Célébrant : « Pour échapper au pouvoir du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ?»
Parents, parrains, marraines : « Je le rejette. »
Célébrant : « Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan, qui est l'auteur du péché ?»
Parents, parrains, marraines : « Je le rejette. »
3. Le texte officiel de la profession de foi
Après la renonciation, le célébrant propose la triple profession de foi :
Célébrant : « Croyez-vous en Dieu le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre ?»
Parents, parrains, marraines : « Je crois. »
Célébrant : « Croyez-vous en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui est né de la Vierge Marie, a souffert la passion, a été enseveli, est ressuscité d'entre les morts et est assis à la droite du Père ?»
Parents, parrains, marraines : « Je crois. »
Célébrant : « Croyez-vous en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair et à la vie éternelle ?»
Parents, parrains, marraines : « Je crois. »
Le célébrant conclut : « Telle est notre foi. Telle est la foi de l'Église que nous sommes fiers de proclamer dans le Christ Jésus, notre Seigneur. Amen. »
4. Signification spirituelle de la promesse
Cette double promesse a une dimension profonde :
- Engagement personnel et public : les parrains s'engagent personnellement, devant l'assemblée, devant Dieu, devant l'enfant qui un jour leur en demandera des comptes.
- Continuité de la tradition : ces formulations remontent aux premiers siècles de l'Église. En les prononçant, le parrain entre dans une chaîne ininterrompue de témoins de la foi.
- Adoption symbolique : en parlant au nom de l'enfant, le parrain l'adopte symboliquement dans la communauté chrétienne, comme un parent spirituel.
- Référentiel pour la suite : ces paroles seront répétées par le filleul à sa confirmation et à sa profession de foi. Le parrain pose les fondations.
5. Comment se déroule concrètement la promesse pendant la cérémonie
- Les parents, parrains et marraines se placent debout autour des fonts baptismaux (l'eau du baptême).
- Le célébrant les interroge un par un puis collectivement.
- Chacun répond « Je le rejette » pour les trois questions de renonciation, puis « Je crois » pour les trois questions de profession de foi.
- L'assemblée peut être invitée à répondre en chœur sur la profession de foi.
- Le célébrant conclut avec la formule « Telle est notre foi… » et l'assemblée répond « Amen ».
- Suit immédiatement le baptême proprement dit (versement d'eau ou immersion, formule sacramentelle).
6. Pour un baptême civil : la promesse devant le maire
Dans le cadre d'un baptême civil ou républicain, il n'existe pas de texte officiel national. Chaque mairie peut proposer sa propre formule. La version la plus répandue :
Maire ou son représentant : « [Prénom du parrain], acceptez-vous de devenir le parrain civil de [prénom de l'enfant], de l'accompagner dans son cheminement personnel, de veiller sur lui en cas de difficulté, et de l'aider à devenir un citoyen libre, juste et responsable ?»
Parrain : « Je l'accepte et je m'y engage. »
Certaines mairies proposent un texte plus long faisant référence aux valeurs républicaines (liberté, égalité, fraternité, laïcité). D'autres laissent les parrains rédiger leur propre engagement à prononcer devant l'assemblée. À vérifier avec le service État civil de votre commune.
7. Conseils pratiques pour bien prononcer la promesse
- Lire le livret de baptême avant la cérémonie pour repérer les questions
- Répondre clairement et assez fort pour être entendu par l'assemblée
- Garder les yeux ouverts, regarder le célébrant ou l'enfant
- Ne pas répondre trop vite : prendre le temps de prononcer chaque « Je le rejette » et « Je crois »
- Si l'émotion vous submerge, c'est normal : l'assemblée comprendra parfaitement
- Lors de l'entretien préparatoire, n'hésitez pas à poser des questions au curé sur le sens de chaque parole
8. Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Lors d'un baptême catholique d'enfant, le célébrant interroge les parents ET les parrains/marraines avec une triple question (formulaire officiel de l'Église en France) : "Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ?" — "Pour échapper au pouvoir du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ?" — "Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan, qui est l'auteur du péché ?" Réponse attendue : "Je le rejette". Puis vient la profession de foi en trois temps (Père, Fils, Saint-Esprit). Réponse : "Je crois".
Non, ce n'est pas nécessaire. Le célébrant pose les questions ; les parrains et marraines répondent simplement "Je le rejette" puis "Je crois" à chaque temps. Le déroulé est imprimé dans le livret de baptême distribué à l'entrée de la cérémonie. Beaucoup de paroisses font même répéter la formule lors de l'entretien préparatoire avec le curé.
Oui pour la profession de foi. Sans renonciation au péché et sans profession de foi, le baptême ne peut pas être célébré. Les parents portent cette profession au nom de l'enfant qui ne peut pas encore parler ; les parrains la portent aussi, comme témoins de la communauté chrétienne. Pour un baptême d'adulte, c'est l'adulte lui-même qui prononce sa profession de foi.
C'est une formulation traditionnelle qui exprime le refus du mal et le choix du bien. Concrètement, le parrain s'engage à ne pas laisser son filleul s'éloigner du chemin de vie chrétien, à l'accompagner dans le discernement entre le bien et le mal, à témoigner par son propre exemple. La Conférence des évêques de France a maintenu cette formulation forte parce qu'elle inscrit le baptême dans une lignée spirituelle ancienne.
Oui, mais elle varie selon les mairies (pas de texte officiel national). La formule type comprend : un engagement à veiller sur l'enfant, à le soutenir moralement, à transmettre les valeurs républicaines, à compléter le rôle des parents en cas de besoin. Certaines mairies fournissent un texte type, d'autres laissent les parrains et marraines proposer leur propre engagement. Voir notre guide baptême civil pour le détail.
C'est une question de conscience personnelle. Sur le plan canonique, le baptême reste valide (la responsabilité revient à la personne, pas à l'enfant). Sur le plan moral, beaucoup d'évêques recommandent l'honnêteté : si vous ne pouvez sincèrement prononcer la profession de foi, mieux vaut être désigné témoin du baptême (canon 874 §2) plutôt que parrain officiel. Cette honnêteté est mieux comprise et respectée par le clergé qu'un mensonge protocolaire.
Pour un baptême catholique, la formule officielle est imposée par le rituel de l'Église — on ne peut ni la modifier ni y ajouter de mots dans la liturgie elle-même. Mais le parrain peut prendre la parole avant ou après la cérémonie (lors de la réception, par exemple) pour lire une lettre personnelle, un texte d'engagement complémentaire. Voir notre guide lettre du parrain au filleul.